Pinceaux : Quelles différences entre tous les poils ?

Pinceaux : Quelles différences entre tous les poils ?

Il existe une grande quantité de pinceaux réalisés avec un nombre très variés de poils différents.

Pinceaux en poils naturels, Martre, Petit-Gris, brosses en soie de porc, boeuf, kevrin ou encore en fibres synthétiques ?
Quelles différences y a t’il entre chaque type de poils et à quels sont leurs usages ?
Découvrez dans cet article les caractéristiques de chaque poil et fibre afin de mieux choisir vos pinceaux d’Art.

La particularité des pinceaux en poils naturels


Les pinceaux en poils naturels existent depuis la nuit des temps.
Chaque type de poil a été choisi pour ses particularités uniques afin de répondre au mieux aux besoin des artistes.

Composés de kératine, les poils naturels sont munis d’écailles qui leurs confèrent une capacité à retenir l’eau et les pigments dans leur ventre.
Les fibres synthétiques n’ayant pas d’écailles, laissent donc glisser la couleur.

(Ps : si vous n’avez aucune idée de ce qu’est le “ventre” d’un pinceau ou encore sa “fleur” lisez cet article
avant de continuer.)


Il existe deux catégories de poils naturels :
– Les poils fins, coniques et a fleur unique comme la martre et le petit gris.
Ce genre de pinceau présente un ventre, commençant au centre de la longueur du poil et se resserrant ensuite.
Ces fibres naturelles sont à réserver aux techniques diluées comme l’encre et l’aquarelle.
Elles sont très recherchées car la Science ne parvient pas encore à copier leur extrême complexité.

– Les soies de porcs, droites ou cambrées, et a fleur multiples sont à préférer pour les techniques en pâte comme l’huile, l’acrylique voire même la gouache.
Offrant une excellente fermeté, elle a l’avantage de bien retenir la couleur.

Comportement des pinceaux secs puis trempés dans l’eau
De gauche à droite :
Petit Gris, Martre, Fibre synthétique



Les pinceaux en poils de martre

Le poil dit « de martre » donne des pinceaux assez fermes et élastiques, propre à un tracé précis.
Il existe différentes espèces de martre.

On distingue :

  • la martre Kolinsky sibérienne (Tobolsky),
  • la martre Kolinsky chinoise (Harbin), plus courte et moins fine
  • la martre rouge, provenant de Corée ou d’autres régions, de diverses espèces de mustelidés comme entre autres la belette
  • la martre russe qui désigne en fait une garniture en poil de putois
  • la mangouste, reconnaissable à ses zébrures, nerveuse et fine, donne des pinceaux de caractère comparable à la martre.

Le pinceau en martre Kolinsky

Le “Kolinsky” est un petit animal de la famille des rongeurs provenant, à l’origine, de la péninsule de Kola dans le nord de la Sibérie.
Ce sont les poils de la queue de cette espèce qui fournissent les pinceaux en poils dit de « martre Kolinsky » 

Son poil, dont le prix peut dépasser celui de l’or, a des qualité si exceptionnelles qu’on ne peut le substituer.
Sa ” fleur ” naturelle d’une finesse microscopique, couplée à une structure extrêmement souple et nerveuse, lui donne la précision du trait et la réponse sur le support recherché. Ces mêmes qualités associées à la forme galbée de chaque poil, vont donner une grande capillarité et une distribution de la couleur égale.

Ce sont des pinceaux de grande qualité, ils possèdent une grande élasticité ainsi qu’une grande souplesse et robustesse.
Ils sont très appréciés pour les techniques à l’eau telle que l’aquarelle. Ils conviennent bien aussi pour l’huile, pour les lavis, les fondus. Ce sont des pinceaux haut de gamme d’un prix élevé.

Vison de Sibérie (Mustela sibirica) dit 'Martre Kolinsky'
Vison de Sibérie (Mustela sibirica) dit ‘Martre Kolinsky’

La Martre rouge

Les pinceaux en poils de martre rouge sont d’un peu moins bonne qualité et donc un petit peu plus abordable que ceux en Martre Kolinsky, ils restent cependant parmi les pinceaux haut de gamme.

Le pinceau en poils de Putois

(Ou martre russe Iltis.)
Les poils du putois (black sable) de Russie ont une pointe fine, ils sont nerveux et résistants.
Grâce à sa stabilité exceptionnelle, ce qui est peu courant pour un pinceau en poils naturels, le putois est idéal pour les techniques classiques de peinture à l’huile ou acrylique.
Pour les peintres, c’est l’alternative qui permet de combiner les qualités des pinceaux en martre rouge à celles des pinceaux en soies de porc.

Le pinceau Petit-Gris

Les pinceaux estampillés Petits-Gris sont fabriqués avec des poils d’écureuil nordique.
Ils sont essentiellement utilisés pour l’aquarelle et l’encre car ils possèdent de très hautes qualités d’absorption.
On l’utilise également pour le lettrage et pour l’application de peinture en finition pour un rendu très lisse.

Les poils en eux-mêmes ont tendance à se regrouper lorsqu’ils sont humides, rendant la touffe très fine. Parfait donc pour réaliser des touches hyper précises.
Très doux et souples, les pinceaux plats Petit-Gris sont aussi des outils parfaits pour fondre et dégrader.

Le pinceau en poils d’Oreille de bœuf

Résistants et souples, les poils d’Oreille de bœuf peuvent être utilisés pour tous types de peinture.
De rouge brun à noir, ils sont d’ailleurs souvent teintés et traités pour confectionner les pinceaux ‘imitations martre’.

Les poils de bœufs ont un bon ressort comme celui de la martre mais leur fleur n’est pas aussi fine. Ils sont donc plutôt utilisés pour les pinceaux plats.
C’est un bon compromis entre le prix des poils de martre et des fibres synthétiques qui, quant à ces dernières, manquent d’absorption.

Le Blaireau

Du gris au brun noir, les poils du blaireau sont plus longs et plus épais que les autres poils, avec une belle pointe naturellement touffue.

Les pinceaux en blaireau sont parfaits pour les fondus à la peinture à l’huile et acrylique.

Différents pinceaux en poils de blaireaux.
Différents pinceaux en poils de blaireaux.

Le Kevrin

Le poil de Kevrin est prélevé sur la queue de la mangouste.
C’est un poil très souple, résistant, qui peut être utilisé pour charger ou pour lisser la matière.
Il allie la nervosité des soies de porc à la finesse et précision des martres.
La touche peut, grâce au Kevrin, facilement disparaitre sans laisser de trace ni de marque.
On obtient donc facilement grâce aux brosses en Kevrin de beaux fondus, aplats et de beaux dégradés de couleur.
Le Kevrin a également l’avantage de ne pas être trop cher.
C’est une alternative à la martre.
Cependant, pour les détails hyper précis, comme la peinture en trompe l’œil par exemple, ou l’on aurait besoin de pinceaux pointus et fins, le Kevrin a ses limites. Les poils ne sont pas suffisamment fins et ne portent pas assez de peinture pour ces détails extrêmes.

Les poils de “Chameau”

Eh non, il ne s’agit pas de véritables poils de chameau mais d’un terme commercial pour définir un mélange de poils de diverses origines (poney, cheval, chèvre, mouton, écureuil, etc.), d’une qualité adaptée au prix (c’est-à-dire pas terrible).
Ils sont utilisés pour des pinceaux d’écoliers, le maquillage ou encore le bâtiment.

La Chèvre

Surtout utilisés pour la calligraphie chinoise, ils sont doux et fins avec une grande capacité de rétention d’eau, mais s’usent très vite.

Pinceaux en poils de chèvre pour la calligraphie.
Pinceau en poils de Chèvre, utilisé pour la calligraphie Chinoise

Les soies naturelles

Les brosses en soie de porc

Contrairement aux poils fins cités ci-dessus, l’extrémité d’une soie de porc est à fleur multiples (comme une fourche) et non unique.
Elle va donc mieux retenir la matière pâteuse et l’étaler de manière uniforme, d’où son utilisation fréquente dans les techniques à l’huile et acrylique.

La soie est également naturellement courbée — on dit cambrée —, ce qui permet une bonne accroche et un bon contrôle de la pâte.
Pour les brosses de qualité supérieure, les soies cambrées peuvent être montées parallèles ou « sur cambre ».
Pour réaliser ces dernières il faut plusieurs touffes de soies de porc montées en parallèles et disposées face à face dans la virole. La courbure des soies resserre les pointes à partir du milieu de la garniture.
Ce procédé améliore la tenue des soies leur donnant encore plus de nervosité et de répondant.

Les bonnes soies de porc présenteront un poil rude mais relativement souple. Il faut de préférence les choisir avec une grande longueur de poil, car plus le poil est court, moins il se charge en peinture et moins la brosse est souple.

On distingue trois qualités de soie : demi-blanc, beau-blanc, beau-blanc extra.
Ces désignations décrivent la couleur et la qualité de la soie de porc.

Exemple de brosses en soie de porc.
Exemple de brosses en soie de porc.


Les Fibres Synthétiques

Les poils synthétiques sont des fibres artificielles faites de filaments de polyester ou de nylon.
Les pinceaux en poils synthétiques sont beaucoup moins onéreux que les pinceaux de poils naturels.
Ils peuvent être durs ou souples et ainsi convenir aux peintures fluides comme aux plus épaisses comme l’acrylique ou l’huile.
Ils sont très appréciés pour leur souplesse très intéressante, leur durabilité, leur résistance et leur nettoyage facile.

Les fibres synthétiques sont aussi coniques mais leur surface est plus lisse que celle écailleuse des fibres naturelles.
Elles ont une meilleure résistance à l’usure mais une rétention moindre.

Pour infos, la couleur du poil synthétique indique sa résistance :
les poils clairs (souvent jaunes) sont doux
les poils foncés (souvent bruns) sont nerveux.



Pinceaux Synthétiques : Avantages et inconvénients

  • Avantages : À base de polyamide, les fibres synthétiques sont plus résistants à l’usure et aux produits décapants que les poils naturels.
    Ils sont notamment appréciés avec la peinture acrylique qui sèche très vite et nécessite un nettoyage rapide et minutieux.
    Ils sont aussi plus économiques.
  • Un autre avantage des poils synthétiques est qu’ils ne se cassent pas après un long usage. Leurs fibres durent plus longtemps.
  • Un autre argument important pour moi et de loin le meilleur est surtout que les pinceaux en poils synthétiques sont VEGAN.
    Les préférer à des pinceaux en poils naturels évitent donc (dans une certaine mesure) le trafic, la torture et la mort d’animaux innocents.
    C’est quand même pas plus mal. 😉

  • Inconvénients : ils manquent parfois de finesse et de rétention pour les techniques aqueuses, et de trempe.

Les progrès du Synthétique

Les premiers pinceaux en fibres artificielles furent les pinceaux en nylon blanc, très fermes et peu élastiques.
Depuis, d’autres fibres, (toujours des dérivées de polyamide), ont fait leur apparition.


L’industrie des poils Synthétique parvient actuellement à se rapprocher de très près des spécificités des fibres naturelles en fabriquant des poils de moins d’un sixième de millimètre dans leur plus grand diamètre, épais à la base et fin à l’extrémité.

Les grandes industries du Pinceau, réussissent dorénavant à améliorer la capacité des fibres à retenir l’eau en faisant légèrement friser la fibre dans sa partie centrale, afin de conserver entre les poils des intervalles capillaires.
Les fabricants parviennent également à faire varier l’élasticité des fibres de la racine à la fleur.
Comme pour les autres polymères, un traitement de surface peut modifier le mouillage des poils.

Chaque fabricant a mis au point ses propres fibres synthétiques : Kaërell (Raphaël), Nova (Da Vinci), Orion (Pébéo), Similaire (Léonard).

Bientôt peut-être le synthétique deviendra la nouvelle norme.

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