Pinceaux d’Art : les fondamentaux

Pinceaux d’Art : les fondamentaux

Tellement de choses à dire sur les pinceaux !
Les pinceaux d’art sont tellement nombreux et variés que je ne pouvais pas tout vous présenter en un seul article.

Revenons donc, dans un premier temps, sur les fondamentaux du pinceau d’art, outil indispensable du peintre.

L’anatomie du pinceau

Tout d’abord, familiarisons-nous avec le vocabulaire artistique.
Dans les Beaux-Arts, il existe tout un tas de termes techniques à connaître et à maîtriser si vous ne voulez pas passer pour un plouc.
Allons-y.

anatomie du pinceau
Anatomie du pinceau

Le pinceau se compose de 3 parties :
– la touffe
– la virole
– le manche.

La touffe

La touffe est aussi appelée ‘tête’ ou ‘garniture’. Elle peut être en poils naturels ou synthétiques.
La touffe se divise principalement en deux parties : la fleur et le ventre.

La fleur : C’est l’extrémité du poil naturel.
Cette fleur n’est pas la même en fonction des types de poils ou de soies.
Par exemple, les poils fins sont à fleur unique, c’est-à-dire qu’ils n’ont qu’une seule extrémité tandis que les soies de porc, eux, sont à fleurs multiples. Leur extrémité est divisée en plusieurs parties, un peu comme une fourche (elles accrocheront dont plus le support).

Le ventre : Le ventre c’est la partie la plus épaisse de la touffe.
On appelle aussi le ventre, la réserve. Il sert à retenir la couleur dans son poil.
Un pinceau qui a beaucoup de ventre peut emporter beaucoup d’eau ou de peinture. Cette caractéristique dépend de l’état de surface du poil, variable selon les espèces animales.

La Virole ou Monture

La virole est la partie intermédiaire qui maintient ensemble les poils et le manche.

Le plus souvent, elle est fabriquée avec une feuille de métal ou un tube, serti sur le manche.

La virole peut être ronde ou plate.
Pour les formes plates, un rivet ou un clou assure la solidarité avec le manche.

Il existe différents types de virole :
– confectionnée comme autrefois, dans une plume d’oiseau fendue et ligaturée par un fil
métallique (cuivre naturel verni, laiton, inox, aluminium ou bien en fer blanc pour les pinceaux de qualités inférieures)
plastique (polyamide)



À l’intérieur de la virole, la touffe est collée au manche, autrefois avec une colle de peau, ou gomme laque, de nos jours plutôt avec une résine synthétique.

Pinceaux monté sur plume
Exemples de pinceau avec virole montée sur plume.

Le Manche ou la Hampe

Le manche enfin, sur lequel s’adapte la virole, est généralement fait de bois tendre (aulne, hêtre, bouleau, frêne).
Vernis ou laqué, il mentionne normalement le nom du fabricant, la gamme, la taille et la fibre de poils sélectionnée.

Les petits manches :
Les pinceaux avec des manches courts seront indiqués pour des travaux de précision, des détails, des formats plus réduits.
Ils sont aussi adaptés à des ouvrages qui nécessitent de travailler assis, généralement des techniques telles que l’aquarelle, la gouache, l’encre, etc.

Les grands manches :
Les manches plus longs permettent de travailler debout et sont indiqués pour des peintures sur chevalet, des grands formats qui nécessitent du recul, des gestes rapides, fluides et spontanés.

Comment ça marche un pinceau ?

C’est le fameux Léonard de Vinci, qui vers 1490, décrit le principe de capillarité.

Ce phénomène désigne ordinairement la capacité de l’eau et de certains liquides à remonter naturellement (malgré la gravité) le long de cavités très étroites plongées dans ces liquides.
La remontée est d’autant plus forte que la cavité est fine.

Ce phénomène explique notamment comment la sève des arbres parvient à remonter des racines jusqu’aux branches (mais ça c’est un autre sujet).

Pour le pinceaux ce principe est mis en action par le vide entre les différentes fibres de poils qui le composent.
La couleur va donc remonter par capillarité dans les interstices des poils, être ensuite stockée dans le ventre du pinceau puis redéposée ensuite sur le support à peindre.

Le principe de remontée par capillarité illustré par un sucre 🙂

La différence entre les Brosses et les Pinceaux

“Le pinceau glisse, alors que la brosse frotte ou tape.”

Mon prof de peinture en 1ère année.

Pinceau et Brosse ce n’est pas la même chose. Et non… Ce serait bien trop simple sinon.
Académiquement parlant donc, on aura tendance à différencier les deux instruments dont la nature des poils diffère.

LES PINCEAUX

Le terme pinceau désigne originellement des instruments pointus dont la touffe est composée de poils naturels fins voir très fin, souvent avec une capillarité importante.
L’usage académique des pinceaux à proprement parlé, est donc de préférence indiqué pour des techniques liquides telles que l’aquarelle, l’encre, ou encore la gouache.
Les pinceaux permettent des tracés précis, (détails, lignes fines) et sont plus adaptés à la finesse, la minceur, et le lissé de l’application.

Exemple de pinceaux en poils fins et naturels : le petit-gris.

LES BROSSES

Historiquement, le terme brosse est employé pour des pinceaux réalisés avec des poils plus drus, et plus épais : les soies.
En effet, on les appelle poil jusqu’à environ 0,15 mm de diamètre maximal, et soie, à partir de 0,25 mm.

Les brosses utilisées par les peintres anciens étaient toujours de forme ronde.
Au Moyen Âge, la virole en métal n’existe pas encore, c’est alors le tuyau de plume d’oiseau qui fait office de virole naturelle.
Les brosses plates telles que nous les connaissons aujourd’hui ne sont apparues qu’au XIXe siècle, lorsque l’on a commencé à utiliser les viroles métalliques qu’il était possible d’aplatir grâce aux machines de presse.


La brosse permet l’application en étendue, en épaisseur et parfois en relief d’une peinture plus pâteuses, principalement, de nos jours, la peinture à l’huile et l’acrylique.

Cette distinction entre brosse et pinceau peut vous paraître quelque peu anecdotique.
Or, elle se révélera bien utile lorsque vous aurez à vous adresser à des artistes et autres professionnels l’art, lors de vos achats de matériel,
ou encore pour vous la raconter un peu durant votre prochain stage de peinture 😉 .

Exemples de brosses en soies
Exemples de brosses en soies.

Les tailles de pinceaux

Malheureusement, l’industrie européenne des pinceaux n’est pas encore arrivé à s’accorder sur des tailles standards pour tous les types et tailles de pinceaux différents.
En effet, les fabricants anglais n’utilisent pas la même numérotation qu’en Allemagne ou en France.

Il existe néanmoins différentes classifications selon les fabricants et selon le diamètre de la touffe :

  • par numéro : 10/0, 6/0 (1,1mm), 5/0, 4/0, 3/0 (1,7mm), 2/0, 0, 1, 2, 3, 4, 5 ;
  • par taille : 15 (15mm), 25, 30, 40, 50, 60, 70, 80, 100, 120, 200
  • en pouces (inches) : de 1/2″ (12mm) à 7″.

La conversion de taille, numéro vers millimètre, existe. Tel que par exemple : pour un numéro 2 = +/- 3 mm, pour un numéro 4 = +/- 5 mm mais dépend également du fournisseur.

Un vrai casse-tête !

La fabrication des pinceaux haut-de gamme

Pour finir et juste pour que vous puissiez vous faire une idée, voici une vidéo qui résume la fabrication des pinceaux haut-de gamme de la marque française ‘Raphaël’.

Une très belle vidéo sur le processus de fabrication des pinceaux en poils naturels de la célèbre marque française ‘Raphaël’.


La fabrication d’un pinceau peut parfois prendre trois jours !

Alala. Il y encore tellement à dire sur les pinceaux que nous en reparlerons en détails dans de prochains articles.
A bientôt pour la suite !

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