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Noms des Couleurs en peinture : le guide pratique

D’où provient le nom de la couleur : Bleu de Prusse, Vert de Vessie, Blanc de titane… ? Comment reconnaître le nom des couleurs dans le domaine des Arts ? Quelles sont leurs histoires ? Leur usage ?
Dans ce guide pratique complet, vous trouverez une liste des différentes nuances de couleurs utilisées en peinture et leurs noms en français. Vous pourrez ainsi facilement les distinguer, connaître leur composition et leur histoire pour mieux les utiliser dans vos créations.

LES BLANCS

Blanc de Plomb / Blanc de Céruse / Blanc d’Argent :

Hydrocarbonate de plomb.

C’est un des plus anciens pigments.
Le blanc de plomb a servi à fabriquer des peintures et du fard blanc dès l’Antiquité. Sa toxicité, connue depuis l’époque romaine, est affirmée au XVIIIe siècle.
Cependant, réputé être le meilleur pigment blanc, il reste en usage même après la mise dans le commerce d’alternatives (le blanc de zinc au XIXe siècle, puis le blanc de titane au XXe siècle).
Son usage est interdit au début du XXe siècle. La diminution de l’emploi de la peinture à l’huile hors du domaine des beaux-arts lui fait perdre son importance.

Son aspect est d’un beau blanc, parfaitement couvrant, résistant à la lumière et très siccatif.
Il est néanmoins très toxique et pause des problèmes d’incompatibilité avec les pigments possédant du soufre.

À éviter en mélange avec les Cadmiums et les Bleus d’Outremer.
À déconseiller dans les techniques à l’eau.
Utilisable pour la fresque avec les précautions d’usage en raison de sa nature dangereuse.

Blanc de zinc :

Le nom de cette couleur provient de l’Oxyde de zinc, dont l’utilisation en peinture remonte au 18ᵉ siècle sous l’impulsion du chimiste français Courtois.
Donne un Blanc froid relativement peu couvrant.
Se mélange à tous les pigments.
À utiliser en couches minces ou vélatures.
S’utilise surtout à l’Huile, à la Gouache et à l’Aquarelle.
Convient pour la fresque.

Blanc de Lithopone :

Sulfure de Zinc et sulfate de Baryte.
Inventé vers 1860 par le chimiste français de Romanange.
Le Blanc de Lithopone est un blanc neutre et sobre comme le Blanc d’Argent. Cependant, à l’inverse de ce dernier, il ne présente aucune toxicité.
Souvent utilisé pour la préparation des enduits.
Couvrant, il donne de la luminosité aux nuances.
Il est plus blanc que le Zinc mais moins lumineux que le Titane.

Blanc de Titane :

Dioxyde de titane.
Apparut au début du XXe siècle, c’est le dernier venu des pigments Blancs vers 1915.
Il est utilisé aussi fréquemment comme agent blanchissant et opacifiant pour les peintures et de nombreux autres produits comme les papiers, plastiques, céramiques, médicaments, dentifrices, fromages industriels, et même …. les crèmes solaires !

C’est un beau blanc chaud (tirant sur le jaune).
Très stable à la lumière.
Blanc très opaque, très couvrant.
Se mélange à tous les pigments.
Utilisable aussi bien à l’huile qu’avec des liants aqueux.
C’est sûrement le plus utilisé des blancs.

Blanc de Meudon / Blanc de Marly :

Le blanc de Meudon est un Carbonate de chaux naturel purifié et très blanc.

Il est utilisé comme charge et non comme un colorant pour donner de la consistance et pour casser la transparence des enduits ou peintures.
Souvent utilisé avec le Blanc de Lithopone

Le nom des couleurs "Blancs" en peinture.

LES TERRES

Terre de Sienne naturelle / Terre de Sienne brûlée – Terre d’Ombre naturelle / Terre d’Ombre brûlée :

Oxydes de Fer naturels.

La terre de Sienne provenait à l’origine de la région de la ville italienne éponyme, Sienne, mais on en trouve également en France dans les Ardennes, à Chypre, en Allemagne, en Angleterre, au Mexique, dans le sud de la Chine, etc.
Le pigment naturel, de plus en plus difficile à se procurer, est aujourd’hui remplacé par des oxydes de fer synthétiques (PY42 et PR101), moins subtils.

Comme le nom de la couleur l’indique, les tons dits “brûlés” sont obtenus par calcination de la terre naturelle (la terre de Sienne Brulée est donc plus foncée que la terre de Sienne).

La terre d’ombre contient 45 à 70 % d’oxyde de fer rouge et beaucoup plus d’oxyde de manganèse que la Sienne naturelle. Plus rouge et opaque, sa teinte varie selon le degré de calcination.

Toutes ces Terres sont d’une solidité remarquable à la lumière et en mélange.
Les Terres de Sienne et Ombre naturelles demandent un fort pourcentage d’huile.
Toutes les terres sont siccatives par nature et il faudra éviter d’ajouter des siccatifs.
Les Terres conviennent à toutes les techniques.
Recommandées dans la technique de la fresque.
Pigments absolument nécessaires dans une palette !

Origine des couleurs "Terres de Sienne" et "Terre d'Ombres Brulées" utilisées en peinture.

Terre de Cassel :

Obtenue en broyant de la lignite (charbon naturel fossile), en provenance d’Alsace.
De Couleur noir brun, assez bitumineuse.
Recommandée pour vieillir  les couleurs trop vives.

Les Ocres :

Oxyde de fer

L’ocre est utilisée comme pigment naturel depuis la Préhistoire, comme dans les grottes de Lascaux. Ce sont des argiles colorées que l’on trouve dans la terre et qui proviennent généralement de France ou d’Italie.

Grâce à leur coût modique, les Teintes d’Ocres sont les rares pigments naturels encore présents dans les nuanciers de peintures, même si les fabricants tendent à les remplacer par des oxydes de fer synthétiques (PY42 ou PR101), plus réguliers et couvrants.

Le chauffage des pigments permet de varier les nuances : une calcination à 700 °C transforme une ocre jaune en ocre rouge.

Locre Jaune en particulier est une teinte indispensable, car difficile à obtenir en mélange.
Très belle clarté une fois mélangé au blanc.

Ces pigments naturels sont parfaitement stables à la lumière
Utilisables dans toutes les techniques
Recommandés pour la fresque

Les noms et provenance des différentes couleurs Ocres et terres en peinture.

LES BRUNS

Sépia :

Obtenu par l’emploi de l’encre de seiche (un genre de petit poulpe mignon).
Le nom de la couleur sépia désigne plutôt un colorant qu’un pigment de teinte brun violacé.
En photographie, un tirage sépia est une image monochrome dont les valeurs sombres sont brunes plutôt que noires.


Brun Van Dyck :

Oxyde de Manganèse
Le Brun Van Dyck est une dénomination de couleur pour artistes qui recouvre, depuis longtemps, des compositions assez diverses.
À l’origine, il s’agissait de terre de Cassel ou de terre de Cologne.
Elles furent remplacées, depuis le XIXe siècle, par d’autres pigments basés sur des oxydes de fer calcinés, complétés par du noir de carbone.

Brun violacé. Très stable à la lumière et en mélange.
Convient à toutes les techniques y compris la fresque

Brun de Madère :

Pigment azoïque transparent et charges minérales.
Brun rougeâtre très intense.

Pouvoir colorant très élevé.
Bonne tenue à la lumière.
Convient à toutes les techniques.
Déconseillé pour la fresque.

Brun Rouge / Bruns de Mars* :

Le nom de cette couleur provient de sa composition : l’ Oxyde de Fer (référence à Mars).
Brun chaud couvrant tirant vers les rouges.

Très stable à la lumière et en mélange.
Convient à toutes les techniques.
Conseillé pour la fresque.

Les noms des nuances de couleurs Bruns dans le domaine des Beaux-Arts.

LES ROUGES

Vermillon (Véritable) :

Sulfure de mercure très ancien, appelé aussi cinabre sous sa forme naturelle.
Le nom de cette couleur est tiré du français vermeil, terme utilisé pour désigner un rouge éclatant et tirant sur le rouge cerise, lumineux et couvrant.

La découverte de la synthèse du sulfure de mercure fut une innovation majeure du Moyen Âge dans le domaine de l’art.
En rendant le vermillon abondant, la palette des peintres s’accroît et d’autres couleurs vives sont requises pour l’harmoniser. L’art de cette période, principalement religieux est riche en vermillon, en feuilles d’or et en bleu outremer (lapis-lazuli). Ce sont les trois couleurs principales de la palette médiévale.
Malheureusement, la mauvaise stabilité du pigment Vermillon véritable, notamment avec le Blanc d’Argent et sa forte toxicité, ont conduit depuis le début du 20ᵉ siècle à l’abandonner progressivement et à le remplacer par un substitut à partir d’Azoïques et de charges minérales.
Bonne tenue à la lumière.
Convient à toutes les techniques.
Déconseillé pour la fresque


Rouge Minium / (Vermilion substitut) :

Le minium est une céruse (carbonate de plomb) vivement brûlée (480°) afin de lui ôter son carbone.
Ce pigment a été utilisé pour imiter le cinabre. Il fait partie des pigments artificiels les plus anciens et est très toxique.

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Pline rapporte que les Romains auraient découvert ce dernier accidentellement, à la suite d’un incendie, quand, sous l’effet de la chaleur, du blanc de céruse vira au rouge vif.
Vers 1930, le minium disparaît comme pigment pour la peinture, à cause de sa toxicité (comme tous les composés contenant du plomb) et au profit de concurrents plus stables à base d’Azoïques et de charges minérales.

Rouge vif orange, lumineux et couvrant.
Bonne tenue à la lumière.
Convient à toutes les techniques.
Déconseillé pour la fresque

Vermillon d’antimoine (substitut) :

Apparu au XIXe siècle pour frauder le vermillon véritable (de mercure), est une variante plus terne, fabriquée à partir du sulfure rouge d’antimoine. Il porte le numéro PR107 au Colour Index.

Rouge de Quinacridone* :

Pigment organique au pouvoir colorant très élevé ; très stable à la lumière.
Donne un Rouge Vif lumineux et intense.
Sa transparence permet de magnifiques glacis.
Mélangé aux Blancs donne des Roses lumineux et délicats

Différences et origines de la couleur rouge dans l'Histoire de l'Art.

Rouge Carmin / Rouge Kermès / Cramoisi / Cochenille :

Pigment laque extrait du corps et des œufs d’un petit insecte vivant sur les cactus : la Cochenille.
Le nom de couleur carmin désigne un rouge profond similaire à celui obtenu à partir de la Garance ou l’équivalent synthétique de la teinture de garance, le carmin d’alizarine (PR83).

Rouge Garance / Alizarine :

La couleur garance est celle d’une teinture rouge, extraite de la plante du même nom la garance des teinturiers.

L’alizarine, principale substance colorante de la plante, a été synthétisée industriellement à la fin du XIXe siècle. Produite en quantité, elle a fait fortement chuter les coûts et conduit à la disparition de la culture de la plante en France.
La nuance des laques de garance naturelle (c’est-à-dire non calcinée) varie depuis le rose pâle jusqu’au rouge-sang intense.

Pigment laque (transparent)
Tenue à la lumière moyenne.
Pouvoir colorant élevé.
Dans la technique de l’Huile a tendance à craqueler.
Siccativité médiocre.
S’emploie dans toutes les techniques sauf la fresque.

Rouge d’Andrinople / Rouge Turc / Rouge des Indes :

Composé de chromate de plomb et d’oxyde de plomb (comme le jaune de chrome orangé) et qui contenait comme celui-ci de l’éosine (cf. mercurochrome que l’on mettait autrefois sur les bobos des enfants pour les sécher).
Cette couleur rouge tire son nom de la ville d’Andrinople, aujourd’hui Edirne, en Turquie.

Elle servait en premier lieu à la teinture.
Sa recette était un secret commercial qui fut percé au cours du Moyen Âge.
Graisses rances, huile, urine et excréments, sangs d’animaux : la fabrication était particulièrement infecte !
À la fin du XVIIIe siècle, les teinturiers allemands et alsaciens réussirent à fabriquer la teinture rouge d’Andrinople.
Pigment rouge-orangé très ancien et très toxique en voie avancée d’élimination

Liste des différents noms de couleurs Rouge en peinture.

Rouge de Mars* :

Oxyde de Fer.
Rouge brun très foncé.

Donne un film transparent, au pouvoir colorant élevé.
Pigment très stable à la lumière et dans les mélanges.
Convient à toutes les techniques.
Recommandé dans les techniques de la fresque.


Rouge Cadmium* :

Cette fameuse couleur rouge tire son nom du Sulfo-Sélémiure de Cadmium.
Pigment minéral opaque, apparu au début du 20e siècle allant du rouge à l’orange.
Teintes vives et éclatantes, très bon pouvoir couvrant.
Certains pigments (selon préparation) peuvent manquer de solidité.
Le Cadmium véritable étant assez cher, il est souvent substitué par des pigments azoïques.

Remarquable résistance à la lumière et très stable dans les mélanges avec tous les liants traditionnels.
Convient pour toutes les techniques.
Ne pas mélanger au Blanc d’Argent (pour le véritable uniquement).
Recommandé dans la technique de la fresque.

Rouge Hélios :

Rouge de Toluidine.
Rouge organique d’un Rouge vif très intense et très lumineux.
Pouvoir colorant élevé.

Tenue à la lumière moyenne.
Peut être utilisé dans toutes les techniques : Huile, Gouache, Aquarelle, Tempéra, Acrylique, etc.
Ne pas utiliser pour la fresque

Rouge de Venise :

Oxyde de fer.

Brun très vif et très colorant.
Très stable à lumière et dans les mélanges.
Convient à toutes les techniques.
Recommandé dans les techniques de la fresque.

Le nom de la couleur rouge possède des origines très variées.

LES JAUNES

Gomme-gutte / jaune du Cambodge :

Le nom de cette couleur caractéristique, provient d’un pigment jaune brun tirant sur l’orangé, produit à partir résine végétale naturelle issu de l’arbre mangoustanier.
Importée d’Asie par les Hollandais à partir de 1603, la Gomme-Gutte est destinée à l’origine à des fins médicinales (on s’apercevra bien plus tard que la gomme-gutte comportait des propriétés toxiques. Dommage.)
La gomme-gutte est le pigment naturel NY24 du Colour Index.
Ce n’est pas à proprement parler un pigment, elle est soluble dans l’alcool et surtout utilisée en couleur à l’eau (en aquarelle par exemple)
Elle est utilisée dans la préparation des vernis pour luthier.

Jaune de Naples / Jaune Antimoine :

Antimoniate de plomb.

À l’origine, le minerai brut aurait été extrait du Mont Vésuve, d’où son nom, mais rapidement la couleur fut fabriquée artificiellement à partir d’antimoniate de plomb associé à du sulfate de chaux, un mélange doublement toxique.

Le jaune de Naples est à l’origine un jaune un peu terne, semi-couvrant et siccatif, allant du jaune pâle à un ocre jaune orangé.

À cause de sa toxicité, le jaune de Naples est aujourd’hui un pigment marginal. Les fabricants de couleurs le remplacent par des mélanges de pigments aboutissant souvent à des teintes variées selon les marques.

Jaune de Chrome :

Chromates de Plomb.
Ces pigments sont les ancêtres des Cadmiums !
Très beau jaune, un peu orangé.
Donnent en mélange des Verts “très lourds”.
Présentent un pouvoir couvrant élevé et donnent un film solide très résistant.
En contre-partie, ces pigments présentent certains aspects négatifs : un classement “toxique”, une mauvaise tenue à la lumière, et ils noircissent dans le temps.
Totalement déconseillés dans la technique de la fresque.
S’utilisent toujours en raison de leur prix et d’une certaine “tradition”.

Orpiment / Jaune de Perse :

En Europe, l’orpiment est cité pour la première fois par Pline l’Ancien en 77. Son nom vient du latin auri pigmentum, pour indiquer la couleur de ce minerai, proche de celle de l’or.

Malgré sa toxicité, l’orpiment a été utilisé comme pigment depuis l’Antiquité par les Grecs, les Romains et les Égyptiens.
Il n’est plus utilisé en raison de sa toxicité et de sa faible permanence.

Liste de noms des jaunes dans la couleur en peinture.

Jaunes de Cadmium :

Couleur tirant son nom du Sulfure de Cadmium.
Pigments minéraux opaques d’un jaune intense et couvrant.
Les Cadmiums ont été découverts en Allemagne en 1817 par Stromeyer.
Ils ont été rapidement utilisés par les artistes en raison de la fraîcheur et vivacité des tons.
Très bonne stabilité à la lumière.
S’emploient dans toutes les techniques.
C’est le jaune des tournesols de Van Gogh !
Ne pas utiliser ces pigments avec le Blanc d’Argent et les Jaunes de Chrome.

En raison de leur prix très élevé, la plupart des Jaunes de Cadmium ont été aujourd’hui substitués à un mélange de plusieurs pigments organiques monoazoïques qui permettent de reconstituer la nuance du pigment véritable (vérifiez les étiquettes).
Ces substituts au Cadmium présentent une bonne tenue à la lumière et sont stables dans tous les liants : Huile, Aquarelle, Gouache, Acrylique.
Dans la technique de la fresque, seuls les cadmiums véritables sont conseillés.

Jaune Citron / Jaune de Zinc :

La couleur Jaune citron portait anciennement le nom Jaune de Zinc dont les propriétés médiocres ont conduit à formuler ce Jaune Citron à partir d’un pigment organique (monoazoïque).
Très bonne tenue à la lumière.
Parfaitement compatible avec tous les liants, donne des mélanges très stables.
Bon pouvoir couvrant.
Déconseillé dans la technique de la fresque.

Jaune de Nickel :

Titanate de Nickel.
Nuance d’un Jaune vif tirant sur le Vert.
Très bon pouvoir couvrant. La tenue à la lumière de ce pigment est excellente, tant en tons plein qu’en dégradés.
Il est parfaitement compatible avec les autres pigments et les divers liants.
Convient pour la fresque.


Jaune de Baryte / Jaune de Baryum :

Ce pigment est parfois improprement dénommé « jaune d’outremer » : les outremers étant normalement obtenus à partir d’aluminium et de silicium.
Le jaune de baryum lui, est composé de chlorure de baryum, de bichromate de potassium et de sodium.
Ce pigment a été créé par Leclaire et Barruel au début du XIXe siècle.
Il ne semble plus utilisé du fait de sa toxicité et de sa tendance à verdir peu à peu lorsqu’il est exposé à la lumière. Il présenterait aussi des incompatibilités avec certaines couleurs.

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La couleur jaune pour les artistes.


Jaune Indien :

Le jaune indien était extrait d’une pâte appelée Purrey ou Pioury, dont l’origine est restée mystérieuse jusqu’en 1880.

D’après la légende, cette pâte était tirée de l’évaporation de l’urine de vaches indiennes ! Ces vaches étaient nourries seulement de jeunes feuilles du manguier. Cela colorait leur urine d’un jaune éclatant.
L’urine était recueillie dans des seaux et condensée. Les restes du pigment étaient ensuite pétris en boules.
Comme les vaches connaissaient des difficultés à uriner, elles développèrent des calculs rénaux de plus en plus importants et uriner devenait alors très douloureux.
On interdit cette production au Bengale en 1908.

Le pigment jaune Indien est depuis longtemps remplacé par des alternatives synthétiques présentant la même nuance jaune chaude que l’original.

Son substitut de synthèse résiste ainsi parfaitement à la lumière au moins pour une période de 100 ans sous conditions de musée.
Pigment transparent.
Possède un pouvoir colorant élevé.
S’utilise dans toutes les techniques sauf la fresque.

Jaune Auréoline / Jaune de Cobalt :

Le jaune de cobalt est un pigment jaune vif tirant vers le brun-orangé, vendu aussi sous le nom d’auréoline ou de jaune auréolin.
Le jaune de cobalt trouva un usage général comme couleur d’aquarelle à partir de 1889.

Le jaune de cobalt possède un faible pouvoir colorant qui le rend peu économique (comme tous les pigments de cobalt, il s’agit d’un pigment cher).
Il est plus éteint que le jaune de cadmium ou un jaune citron, mais il est facile à utiliser en mélange.
Il donne des tons verts rompus, peu propres, mais proches de la nature et donc parfaits pour les paysages.

Malgré sa très belle teinte, l’auréoline est délaissé au profit de pigments jaunes moins toxiques et plus performants (isoindolinones, benzimidazolones).
Sa tenue à la lumière a fait l’objet de controverses.

Jaune/brun Stil de Grain :

Le Stil de grain est un colorant ancien, jaune ou brun, utilisé en teinture et en peinture, tiré des baies non mûres et séchées du nerprun des teinturiers.

Le Stil de grain est la référence « natural yellow » NY13 du Colour Index.
Produites à partir du XVIe siècle en Italie sous le nom de « giallo santo », les laques de stil de grain furent populaires au XVIIIe siècle en France.
Elles ont été peu à peu remplacées par d’autres pigments plus vifs et plus solides.

Les noms des différents jaunes pour artistes.

Jaune de Bismuth :

Breveté à l’origine en 1924 par l’industrie pharmaceutique, il est utilisé par les artistes depuis les années 1980. C’est une couleur très jeune !
L’industrie des peintures utilise le carboxylate de bismuth comme siccatif moins toxique que le plomb, et surtout divers oxydes comme : l’oxyde Bi2O3 (jaune, que l’on remarque sur les grues jaunes de chantier)
Le Jaune de Bismuth est un jaune citron opaque et vif avec d’excellentes propriétés couvrantes.

Jaune de Hansa / Jaune Azo / Arylamide

Il s’agit de pigments organiques de synthèse de la famille des azoïques (d’où leur noms AZO). Ils sont composés de monoazoïques d’acétoacétanilide, très difficile à prononcer en public.

Les jaunes de Hansa ou Azo sont des pigments jaunes qui varient du jaune verdâtre au jaune orangé.
On les retrouve dans le colour Index sous les codes PY1 (clair), PY3 (citron), PY65 (foncé, très saturé), PY73, PY74 et PY97 (moyen).

Mis au point en Allemagne au début du XXe siècle par les laboratoires Hoechst (groupe Hansa), les jaunes Hansa ont été introduits en peinture en 1909.
Contrairement aux pays anglo-saxons, on les trouve peu sous ce nom-là dans les nuanciers français.

Les jaunes Hansa / Azo sont des jaunes semi-transparents, très colorants, mais de permanence moyenne.
Très purs et vifs, ils permettent des mélanges de couleurs propres, notamment lorsqu’ils sont mélangés à d’autres pigments organiques (bleu et vert de phtalocyanine).
Le jaune Hansa est souvent utilisé aujourd’hui pour des raisons écologiques en remplacement du jaune chrome toxique contenant du plomb.
Peuvent être utilisés pour l’aquarelle, la détrempe, l’huile et la peinture acrylique.

Liste des noms de couleur Jaune en Art.

LES VERTS

Vert émeraude / Vert Guignet / Viride / Viridien :

C’est un oxyde de chrome, une version hydratée, plus vive et plus bleue, du vert oxyde de chrome (PG17)

Le viride (du latin viridis, vert), ou viridien, ou vert Guignet est une couleur pour artistes d’un vert bleuté et transparent apparu fin XIXe.

Il est parfois désigné comme vert émeraude dans les catalogues de marchands de couleurs francophones. Ce nom prête à confusion, car la teinte ne correspond pas au vert vif de la pierre d’émeraude (en anglais, l’emerald green est proche de la couleur de la pierre et se distingue du viridian green, qui correspond à notre vert émeraude).

Il porte la référence PG18 au Colour Index.
Vert foncé intense, vif et léger, apprécié pour sa transparence à l’aquarelle et en glacis.
Le pigment vert émeraude véritable ne résiste pas à la chaleur et reste très couteux.

Pour cette raison, il est souvent substitué par un composé à base de Phtalocyanine et de charges minérales plus économique.
Vert lumineux, au pouvoir colorant élevé.
Bonne tenue à la lumière et en mélange.
Déconseillé dans la technique de la fresque.

Vert oxyde de chrome :

Oxyde de Chome, produit par synthèse au début du XIXe siècle
Le vert oxyde de chrome (PG17) est un pigment vert tendant vers le jaune, grisâtre.

Il ne doit pas être confondu avec les verts de chrome, dits aussi vert anglais,
Proche en teinte du vert émeraude et de la terre verte, il diffère de ces derniers par son opacité.

D’aspect terne, il peut être mélangé à des pigments organiques de synthèse vifs (vert phtalo, jaune hansa) afin de contrecarrer sa faible saturation.
Le vert oxyde de chrome résiste à des températures élevées, jusqu’à 1 000 °C, ce qui permet de le considérer comme un pigment vitrifiable pour les céramiques.
Il est exceptionnellement solide et peut être utilisé pour les peintures d’extérieur et la coloration des ciments par exemple.
D’un grand pouvoir couvrant et colorant.
Très bonne stabilité à la lumière et en mélange.
Donne une pâte très agréable à travailler en huile.
Conseillé dans la technique de la fresque.

Terre verte :

Pigment minéral naturel de teinte vert clair (sorte de gris-vert), constitué de différents composés siliceux (fer, manganèse, magnésium, aluminium) et d’autres minéraux.

Utilisée depuis l’Antiquité, il fut beaucoup employé par les peintres de la Renaissance, notamment en sous-couche des tons chairs qu’elle rendait plus réalistes (verdaccio).

Elle est aussi appelée « terre de Vérone », d’après le gisement d’où elle était extraite.
Elle est classée dans le Colour Index sous le code PG23.
Pigment semi-transparent, à transparent.

Les noms des différents verts dans les Arts-Plastiques.

Vert Véronèse :


Le vert Véronèse était à l’origine composé d’arséniate de cuivre, un poison violent et virait au noir en présence de soufre.
Aujourd’hui, il est composé de phtalocyanine et d’un oxyde de zinc (blanc), ou de monoazoïque, phtalocyanine et charges minérales.

Le pigment dit Vert Véronèse a été inventé au XVIIIe siècle, deux siècles après la mort du peintre Paul Véronèse. Il s’agit d’un nom commercial, datant du XIXe siècle, visant à indiquer la possibilité de reproduire les couleurs vives admirées chez cet artiste fameux.

Ton Vert pâle, lumineux, couvrant et peu colorant.
Bonne tenue à la lumière.
Peut être utilisé avec tous les liants.
Déconseillé dans la technique de la fresque.

Vert de Vessie  / Vert de Nerprun :

À l’origine, le vert de vessie ou vert de nerprun (NG2) était un pigment laqué, à base de colorant d’origine végétale extrait des baies de nerprun.
La baie était concassée et mise à fermenter au soleil. Le jus était ensuite additionné d’un liant (gomme arabique) puis coulé dans des vessies de porc ou de bœuf. La couleur était alors suspendue dans la cheminée à l’abri de la lumière, afin d’achever de se concentrer.

Malheureusement, il n’était pas très permanent. Traité à l’alun, il avait une meilleure solidité, sans atteindre celle qu’on attend des pigments modernes.
Aujourd’hui, le vert de vessie est fabriqué artificiellement, par mélange d’un jaune doré ou brunâtre (PO49, PY117, PY150) avec un vert phtalocyanine (PG7 ou PG36).

Il s’agit d’un vert-jaune terne, très utilisé à l’aquarelle, dans les paysages notamment.

Vert de Cobalt :

Le vert de cobalt est apparu en 1780. Il s’agit d’une combinaison d’oxyde de cobalt et d’oxyde de zinc, qui ne peuvent être séparés physiquement.
Sa teinte verte est légèrement bleutée et peu saturée. Elle est d’autant plus jaune que la teneur en oxyde de zinc est élevée

Sa teinte naturelle et délicate le rend particulièrement adéquat pour les paysages. On le trouve en deux teintes : clair ou foncé.

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Pigment cher au faible pouvoir teintant qui le rend peu économique : mieux vaut donc l’utiliser pur.
Vert très stable à la lumière et en mélange.
Convient à toutes les techniques.
Conseillé dans la technique de la fresque.

Liste des noms utilisés pour la couleur verte.

Vert de Hooker :

Vert un peu terne, à l’origine un mélange de bleu de Prusse et de gomme-gutte, deux pigments aujourd’hui généralement remplacés par leur version synthétique.
Le vert de Hooker est une invention de l’illustrateur botaniste William Hooker, qui voulait, au début du XIXe siècle, une nuance de vert sombre pour peindre les feuilles des nombreuses plantes qu’il avait à représenter.
L’aquarelliste John Sell Cotman popularisa sa recette et les marchands de couleur la vendirent. Tout simplement.

Surtout utilisé pour l’aquarelle.

Origine de la couleur verte en peinture.

LES BLEUS

Bleu de Céruléum

Stannate de Cobalt.
Cette célèbre couleur est née vers 1850 et portrait initialement le nom “Bleu Céleste” ou “Bleu Ciel“.

Dérivé du Bleu de Cobalt, dans une harmonie Bleu-Verte.
Couleur opaque.
Très stable à la lumière, inaltérable en mélange.
S’utilise dans toutes les techniques.
Prix de revient élevé.

Dans les nuanciers de couleurs à peindre, le pigment PB35 est de plus en plus remplacé par le PB36 (oxyde de chrome et cobalt), ou un mélange à base de sulfate de Baryte et de Bleu de Phtalocyanine.
Cette teinte qui imite le Bleu de Céruleum véritable présente une remarquable tenue à la lumière.
Pouvoir colorant très élevé.
S’utilise dans toutes les techniques.

Bleu de Cobalt :

Aluminate de Cobalt.
Plusieurs autres pigments bleus contiennent du cobalt, notamment le très ancien smalt dit aussi bleu d’azur (verre de silicate de cobalt et de potassium, PB 32) et le céruleum.
Au 19ᵉ siècle le chimiste français Thénard réussit l’obtention de ce pigment à partir de minerai naturel.
Bleu d’une teinte très pure.
A une excellente résistance à la lumière.
Parfaitement stable dans les mélanges.
Est utilisé dans toutes les techniques.

Le bleu de cobalt étant comme tous les pigments de cobalt un pigment cher, on le trouve parfois imité avec un mélange de bleu phtalo (PB15:0, PB15:1, PB15:3, PB15:4) et de bleu outremer (PB29) avec du blanc de titane.

Bleu de Cobalt Turquoise :

Aluminate de Cobalt.
Ce ton Turquoise ne peut-être obtenu avec une même vivacité par mélange, ce qui en fait sa spécificité.
Excellente résistance lumière.
Pour garder toute sa fraîcheur en peinture à l’Huile, utiliser une huile non jaunissante.

Dictionnaire des différentes nuances de bleu en peinture.

Bleu Outremer :

Bleu profond basé sur le pigment thiosulfate d’aluminosilicate de sodium identifié dans le Colour Index sous le code PB29.

Le lapis-lazuli, à l’origine de la fabrication de la couleur, était importé d’Afghanistan d’où son nom, du latin ultramarinus, « au-delà des mers ».

Le chimiste Guillemet a réussi en 1828 à reconstituer par synthèse le Lapis-Lazuli naturel utilisé dans l’Antiquité.
Les nuances varient en fonction de la taille des pigments. Il existe des variantes claires et plus foncées.

Lumineux et intense
Donne des dégradés très frais.
Son pouvoir colorant est faible.
Stable en mélange, mais contient du soufre : ne pas mélanger au Blanc d’Argent et au Jaune de Chrome.
Convient à toutes les techniques.

Bleu de Phtalocyanine* / Bleu de Phtalo :

Couleur tirant son nom du Phtalocyanine Pigment organique pur au pouvoir colorant exceptionnellement élevé.
Très bonne tenue lumière.
S’emploie dans toutes les techniques (sauf la fresque).
En raison de sa puissance colorante, à utiliser avec précaution.
En raison de sa transparence peut s’utiliser en glacis.
Donne une palette de Bleus qui s’échelonnent du Bleu Ciel aux Bleus les plus sombres rappelant le Bleu de Prusse.
En mélange permet de créer une infinité de verts.

Bleu Indigo / Bleu d’Indanthrène / Bleu Indien :

Pigment organique : reconstitution par synthèse de l’Indigo d’origine végétale.

En 1880, Adolf von Baeyer synthétisa l’indigotine, principe colorant des plantes à indigo. Aujourd’hui, la couleur bleu indigo est souvent fabriquée à partir d’un mélange de pigments bleus (outremer, phtalo) et noir.
Pouvoir colorant très élevé.
Résistance à la lumière remarquable.
Donne un film semi-opaque.
Convient à tous les liants (sauf fresque).
Donne un Bleu profond et intense.

Bleu de Prusse :

A base de Ferrocyanure ferrique.
Le nom de cette couleur provient du fait qu’il fut découvert par erreur dans un laboratoire berlinois entre 1704 et 1707. Le bleu de Prusse doit être considéré comme le premier pigment synthétique moderne !

Dès le procédé de fabrication connu, le bleu de Prusse est diffusé et exporté partout. Le Japon en importe significativement à partir de 1827 à l’époque de la mode de l’aizuri-e, des estampes gravées sur bois (ukiyo-e) en camaïeu de bleu. Le bleu de Prusse est ainsi la couleur principale des Trente-six vues du mont Fuji, de Hokusai, publiées en 1830.

Pigment difficile à broyer et à mouiller.
Pouvoir colorant très élevé.
Présente une assez bonne tenue à la lumière (contrairement à certaines idées reçues) sauf dans les couleurs à l’huile où il a tendance à noircir.
Ton frais en transparence.
À une action siccativante sur les liants gras.
À déconseiller pour la fresque.

Lexique des différentes nuances de Bleus pour les peintres.

LES NOIRS :

Noir d’Ivoire :

À base d’ivoire à l’origine, os par la suite.
La matière première est généralement des os dégraissés mis à bouillir.

Le noir d’ivoire véritable, vu son prix prohibitif (456,90 €/kg !! ), la règlementation draconienne de l’importation de l’ivoire, le manque de matières premières, ainsi que l’utilisation accrue de matières plastiques comme remplacement de l’ivoire fait qu’il a petit à petit disparu de la palette du peintre (et ce n’es pas plus mal !)

Néanmoins, d’un point de vue qualitatif, le noir d’ivoire véritable et les noirs d’os ordinaire (de bœuf ou de porc) n’ont rien en commun, l’un étant pur à 98 % de carbone, l’autre (le noir d’os) ne comportant que de 15 à 18 % de carbone. Ce qui n’est pas la même chose, vous serez d’accord avec moi.
Dans le commerce toutefois, tous les noirs d’ivoire des peintures en tubes du commerce sont des noirs d’os mais possèdent le même Colour Index que le noir d’ivoire.
C’est toujours bon à savoir.

Le Noir d’Ivoire authentique n’a pas été produit depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, excepté par le célèbre fabricant Kremer.

Le Noir d’Ivoire pur est un pigment très sombre, bleuâtre quand il est mélangé avec du blanc.
C’est le plus profond des noirs de carbone en comparaison des noirs de lampe (obtenu par combustion).
Plus chaud que les noirs à base de carbone, moins colorant que le noir de fumée, le noir d’os est à la base de beaucoup de gris chauds et de verts rompus.

Noir de Fumée / Noir de Carbone / Noir de Lampe / Noir de Bougie / Noir de Russie :

Le nom de cette couleur Noir provient des résidus carbonés obtenus par la combustion incomplète de diverses matières organiques riches en carbone.

ll est en particulier utilisé pour la fabrication de l’encre de Chine.
Très beau noir lourd et chaud.

Les noms des différentes teintes de Noirs à l'usage des peintres.


Il est important, en tant que peintre, de bien connaitre le nom de vos couleurs !
J’espère que ce guide pratique vous permettra d’enrichir votre vocabulaire artistique. N’hésitez pas à y revenir régulièrement.
Bien sûr cet article est loin d’être exhaustif étant donné la quantité énorme de Couleurs disponible pour les artistes ! Il est régulièrement mis à jour. 😉

Pour plus d’infos sur vos couleurs, vous pouvez consulter le colour Index.
Ou ce site sur la couleur très complet.

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À bientôt pour la suite,
Joanaa

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