C’est quoi : un Pigment de Synthèse en Peinture ?

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Qu’est-ce qu’un pigment de synthèse en peinture ? Quelles sont les différences avec les pigments naturels ? D’où viennent-ils, quelles sont leurs caractéristiques et à quoi servent-ils ?
Les réponses dans ce cours !


Pigment de synthèse : définition

À partir du XIXe siècle, beaucoup de pigments naturels ont été reproduits de toute pièce par synthèse chimique dans les laboratoires des chercheurs puis des industriels.

On les qualifie de Pigments de synthèse. Ils sont pour la plupart issus de la chimie du pétrole, basés sur des liaisons carbone ou réalisés à partir d’oxydes de fers artificiels.

Ces pigments sont les plus utilisés aujourd’hui et peuplent largement les rayons de nos magasins de fournitures Beaux-Arts : pérylènes, anthraquinone, azoïques, phtalocyanine, indanthrène, naphtol, quinacridone…
Tout un poème !



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Les 6 grandes familles de Pigment de Synthèse en Peinture :

Grâce au progrès de la chimie, il existe aujourd’hui des milliers de pigments organiques de synthèse.
Nous nous intéresserons ici aux 6 principales grandes familles utilisées dans nos couleurs pour artistes.



Les Azoïques

Les pigments azoïques représentent la plus grande famille de pigment et de colorant organique de synthèse.

Ils se caractérisent par une structure moléculaire composée de plusieurs liaisons doubles azote-azote (d’où leur nom AZO-ïques).
Cette structure moléculaire, associée à d’autres composés, offrent une des plus larges gammes de pigments et de colorants dont les nuances couvrent l’ensemble du spectre des couleurs.
Cependant, les teintes les plus utilisées, se limitent du jaune au rouge, en passant par l’orange.

À partir de 1905, les premiers pigments rouges azoïques sont mis au point, suivis par les pigments oranges.
Il faut attendre 1909 pour voir apparaître les jaunes HANSA, mis au point en Allemagne et qui remporteront un immense succès. D’autres teintes suivront.

Les pigments azoïques sont appréciés des artistes, notamment pour leur vivacité de tons et leur transparence.
Aujourd’hui, plus d’un siècle après leurs découvertes, les colorants et pigments azoïques sont largement employés pour colorer textiles, plastiques, papiers, encres, peintures, cosmétiques jusqu’aux aliments.

Les Couleurs de Mars

Les couleurs de Mars sont des oxydes fers artificiels d’où elles tirent leurs noms, le fer ayant toujours été associé à Mars, dieu de la guerre.
Elles proposent une gamme de tons chauds allant du rouge au brun, jusqu’au noir…

Dès 1930, les oxydes de fer de synthèse prirent leur essor, rivalisant avantageusement avec leurs concurrents naturels grâce notamment à leur prix compétitifs et leur grand pouvoir colorant.
En un peu moins d’un siècle, les oxydes de fer sont devenus des pigments incontournables, aussi bien dans l’industrie chimique, alimentaire que cosmétique.

Ils sont appréciés pour leur permanence à toute épreuve.

Les Phtalocyanines

Appelés plus communément les ‘phtalo’, les Phtalocyanines sont des pigments organiques de synthèse bleus et verts.

Pour la petite histoire, c’est en 1928 que les ingénieurs d’une société de colorants écossaise constatent, un peu par hasard, que sur certains lots de leur production de phtalimide (un composé organique utilisé particulièrement pour la fabrication de pesticides) des impuretés bleues s’étaient formées.
Afin d’en comprendre l’origine, ils cherchèrent à identifier ces impuretés bleues et réussirent à les recomposer artificiellement. Il s’agissait évidement de Phtalocyanine.
En 1935, le premier pigment bleu à base de phtalocynine fut donc commercialisé sous le nom de Bleu Monastral, suivi d’un premier Vert de phtalocyanine fabriqué avec les mêmes qualités que les bleus (solidité, transparence et haut pouvoir colorant).

En couleurs pour artistes, les Bleus et Verts de Phtalos sont très appréciés pour leur vivacité de tons et leur transparence. Ils entrent d’ailleurs dans la composition de nombreuses nuances de couleurs bleues et vertes.



Les Perylènes

Les Pérylènes sont également des pigments organiques de synthèse dont les nuances s’étendent du rouge en passant par le brun jusqu’au noir.

D’abord disponible uniquement sous forme de colorants, les pigments de Pérylènes furent développés dans les années 1950, par la société américaine Harmon Colors qui parvint à proposer une gamme de pigments destinés aux Beaux-Arts.

De nos jours, ils ne sont plus systématiquement proposés dans les nuanciers de couleurs, car même si ces pigments ont une très grande résistance à la lumière, leur nuance est parfois redondante avec des couleurs déjà existantes (et moins chères à fabriquer).
Le Noir et le Brun de Pérylène possèdent, cependant, une nuance verte très particulière qui continuent d’être très appréciée des artistes.

Les Quinacridones

Les pigments de Quinacridone sont des pigments organiques de synthèse dont les nuances vont du rouge orangé au bordeaux, en passant par toute une gamme de roses et de mauves.

Mises au point dans les années 1960, les couleurs de Quinacridone sont toujours autant appréciées des artistes pour leur grande vivacité de tons, leur transparence et leur parfaite solidité à la lumière.

Les DPP ou Pyrrole

Les Diketo Pyrrollo Pyrrole (DPP) sont une famille de pigments organiques de synthèse au nom étrange, proposant une très belle gamme de tons rouge vif.

Fabriqués industriellement dans les années 1990, les DPP sont, après les Quinacridones, les derniers pigments modernes ayant élargi significativement nos palettes des artistes.




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À bientôt pour la suite,
Joanaa

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