Tons, teintes, valeurs… : le Vocabulaire de la Couleur

You are currently viewing Tons, teintes, valeurs… : le Vocabulaire de la Couleur

Tons, teintes, valeur, luminosité, saturation, camaïeu, aplat… Il existe tout un tas de termes pour désigner la couleur et ses caractéristiques en peinture.
Et je vous comprends, quand on commence, il est parfois un peu difficile de s’y retrouver…

La peinture existe depuis plus d’un millénaire ! Non seulement son vocabulaire technique est complexe et étoffé, mais les termes ont évolués avec le temps et grâce notamment aux progrès de la science.

Tentons d’y voir plus clair dans ce cours.


La COULEUR

C’est le nom générique de la COULEUR en soi, la couleur avec un grand C.
Le terme « couleur » est généralement utilisé pour identifier une couleur franche ou pure, telles que le jaune, le rouge, le bleu, l’orange, le violet et le vert…

C’est le nom générique pour identifier les couleurs générales.

La TEINTE

Le terme « teinte » peut être employé de la même façon que le terme « couleur« , car les deux mots sont des synonymes.

Toutefois, dans le jargon technique de la peinture, le terme « teinte » fait plutôt référence à un mélange de couleurs.

Le nombre de teintes possible est donc infini !
Le terme « teinte » est de ce fait, souvent illustré par des nominations précises telles que ”rouge cadmium”, ”bleu azur” ou encore ”vert Véronèse” issues de l’Histoire de l’art et de la peinture.
En décoration, ou utilisera des appellations comme le « vert canard », le « rouge brique » ou encore le « gris taupe » par exemple…).

Pour en savoir + sur l’origine du nom des couleurs, lisez ce cours :
Noms des Couleurs en peinture : le guide pratique


Voici par exemples différentes teintes de bleu :
bleu turquoise, bleu de Prusse, bleu pastel, cyan, bleu marine, etc.

Teindre, c’est communiquer une couleur à un objet
Aussi, au XVIIe siècle, une teinte est, en peinture, un mélange de couleurs « capable de représenter parfaitement la couleur naturelle », par opposition à une couleur pure, d’un seul pigment.

On retiendra donc, qu’une teinte est : la NUANCE d’une COULEUR réalisée par le mélange de différentes couleurs
, indépendamment de l’ajout de blanc ou du noir.


SATURATION ou INTENSITÉ

La saturation est l’intensité de la couleur, elle est parfois aussi appelée pureté.
En couleur matière,
il s’agit du degré de concentration de pigments dans la couleur : plus il y a de pigments purs, plus la couleur est saturée et intense.

On peut désaturer une couleur en la mélangeant à une autre teinte, ou en la diluant.

En aquarelle par exemple, la couleur est saturée lorsqu’elle sort du tube.
Plus on rajoute de l’eau à la couleur, plus elle se désature.
Les pigments dilués sont de moins en moins concentrés.

Rouge de cadmium aquarelle désaturé en ajoutant de plus en plus d’eau à la teinte pure.

Les TONS

Le ton ou la tonalité désigne le caractère d’une couleur ou d’une teinte en rapport avec la luminosité.

Pour Chevreul, le célèbre spécialiste de la couleur, le ton est presque synonyme de VALEUR.

Historiquement, l’utilisation du mot ton est attesté en peinture à partir de 1669 et semble dériver de l’usage le plus courant, qui concerne la voix parlée.
En effet, à ce moment de l’histoire, Sons et Couleurs sont pour les scientifiques intimement liés et cette idée domine donc le discours savant de l’époque.
D’ailleurs,  Isaac Newton (à qui l’on doit le fameux Prisme des Couleurs) organise, dans son Opticks de 1704, les couleurs selon les sept intervalles de la gamme musicale diatonique.

Comme vous l’aurez compris, c’est une des principales raisons pour laquelle, il existe encore toute une ‘gamme’ de tons différents en peinture.

Schéma extrait de l’ouvrage de Newton,
Opticks (1704),
montrant la division en segments
de la tache colorée projetée sur un écran après
dispersion de la lumière solaire par un prisme. Les
couleurs ont été ajoutées, ainsi que les notes et
les intervalles par ton et demi-ton de la gamme
diatonique.


Glossaire des différents Tons

Le terme « ton » fait partie intégrante du vocabulaire de la couleur.
On l’utilise pour comparer des teintes entre elles et les définir techniquement.

Valeur :

La valeur, est le degré de luminosité d’un ton.

La valeur se réfère à la clarté ou l’obscurité d’une couleur/teinte par rapport au blanc ou noir.
À titre d’exemple, le jaune est une valeur claire qui se rapproche du blanc.
Une teinte sombre comme le violet ou le bleu marine ont une valeur sombre, plus proche du noir.

Certaines couleurs, comme les jaunes, ont toujours des valeurs claires, et d’autres, comme les violets, toujours des valeurs sombres.

Le terme « Luminosité » est également utilisé pour faire référence à une échelle de valeur.
La valeur tonale — ou valeur tout court — est le degré de luminosité relative, du foncé au clair, indépendamment de la couleur.
On parle généralement de 3 valeurs principales : les valeurs claires, les demi-teintes ou mediums et les valeurs foncées.


En dessin, on parle notamment des Valeurs de Gris.

Les valeurs de gris, très utilisées en dessin.

Demi-teinte :

Une demi-teinte est une nuance colorée intermédiaire entre une partie vivement éclairée et une zone dans l’ombre.
Les demi-teintes servent à harmoniser un ensemble, à rendre la transition moins brusque entre la lumière et l’ombre.
On pourrait dire par exemple que le gris est la demi-teinte du blanc et du noir.

On dit aussi qu’un tableau, qu’une figure est dans la demi-teinte, pour indiquer que l’œuvre est exécutée dans une tonalité très douce, qui n’est ni trop claire, ni trop obscure.

Tons clairs et tons obscurs :

Tons qui s’opposent par l’impression de luminosité qu’ils dégagent.
(À ne pas confondre avec les tons chauds ou froids.)
(Voir Valeur Tonale)

Voici deux tons de vert, de luminosité différente : un foncé et un clair.

Tons chauds et tons froids :

Les tons sont d’autant plus chauds que, sur le cercle chromatique, ils sont proches de l’orangé. Froids, ils auront tendance à tirer vers le bleu.

Tons neutres :

Tons proches des gris et des bruns.
Les tons neutres font vibrer les tons vifs d’un tableau et les mettent en valeur.
Les tons rompus sont des tons neutres.

Tons neutres appelés également gris colorés.

Tons dégradés :

Tons dont la luminosité est augmentée, mais la vivacité diminuée, par l’ajout de blanc.
On les dit aussi lavés de blanc ou encore ‘ pastel ‘.

Les tons dégradés sont obtenus en ajoutant de plus en plus de blanc à la teinte.
Dégradé de bleu, obtenu avec ajout de blanc à la teinte

Tons rompus :

Tons neutralisés par le mélange de la couleur principale avec sa couleur complémentaire.
Ils sont souvent utilisés pour créer des ombres.

Ton rompu de jaune avec sa complémentaire le violet
Ton rompu de rouge avec sa complémentaire le vert
Ton rompu d’orange avec sa complémentaire le bleu

Tons rabattus :

Tons dont la luminosité est atténuée par l’ajout de noir.

Ton rabattu de bleu
Ton rabattu de rouge

Pour les orangés, jaunes et vert-jaunâtres, rabattre un ton change la perception de sa couleur et de sa valeur.

Ton rabattu de jaune

Ton sur ton :

Assemblage de plusieurs teintes de la même couleur, par exemples plusieurs verts différents (terre verte, vert de vessie, vert Anglais, etc.)
On peut également utiliser le terme : camaïeu (un camaïeu de bleu pour peindre le ciel et la mer par exemple…)


Couleur Dominante et couleur Tonique :

La couleur dominante est la couleur occupant la plus grande partie de l’œuvre.
Son rôle est de créer l’ambiance voulue.

Couleur Dominante ne veut pas forcément dire couleur unique, car elle peut être composée d’une multitude de nuances de la couleur dominante.

La couleur tonique est généralement la couleur complémentaire de la couleur dominante.
Son rôle est de rehausser les tons dominants de l’œuvre et de les exalter.
La couleur tonique ne doit apparaître qu’en petite quantité afin de ne pas prendre le rôle de dominante.


Ton général :

Le ton général ou tonalité d’un tableau est la dominante colorée (couleur dominante).

Le ton général de Impression, soleil levant de Claude Monet est dans les tons froids.
Par exemple : le ton général d’Impression, soleil levant, de Claude Monet, est le bleu. C’est la couleur dominante du tableau nuancée jusqu’au mauve.
Le rouge-orangé est utilisé comme couleur tonique (c’est la couleur complémentaire du bleu).

Ton local :

Le ton local est la couleur de base d’un objet : le ton local d’un citron est jaune, celui d’une cerise est rouge.
Techniquement, c’est généralement la première couche de couleur en aplat sur laquelle on vient travailler le modelé en rajoutant d’autres nuances plus foncées représentant les ombres, et plus claires indiquant les lumières.


Aplat :

Aplat d’orange

Prononcé ‘apla’, un aplat est une zone de couleur homogène réalisée avec une seule teinte et sans nuances.
L’aplat s’oppose donc au dégradé et au modelé.

Le dégradé : utilisé pour créer des modelés, s’oppose à l’aplat, car il se compose de plusieurs nuances.


Ton de fond :

Dans cet emploi, ton ne désigne pas une couleur perçue, mais une couche de peinture opaque en aplat, dont des couches transparentes, en glacis moduleront l’apparence.

Ici le ton de fond est l’orange



J’espère que ce cours vous aura aidé à y voir plus clair dans le vocabulaire artistique de la couleur !

La science des couleurs vous intéresse ?
Découvrez la formation en ligne sur ce sujet passionnant ! 🖤


À bientôt pour la suite,
Joanaa

Laisser un commentaire