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Lavis et Glacis en peinture : les différences

Quelle est la différence entre un lavis et un glacis en peinture ? Qu’est-ce qu’un lavis et dans quel but l’utiliser ? À quoi sert un glacis ?

Découvrez les réponses à vos questions dans cet article.

C’est quoi : un Lavis en peinture ?

Commençons par le plus simple des deux : le lavis.

« Lavis » vient du mot ‘Laver’ et c’est un bon moyen mémo-technique pour ne pas le confondre avec son homologue : le Glacis.
En effet, le Lavis est toujours à base d’eau et c’est ce qui en fait sa particularité.

Venue d’Asie, et principalement adopté à la Renaissance par les artistes européens, la technique du lavis en peinture est un procédé bien connu des peintres et des dessinateurs.
Le lavis consiste à délayer une couleur à l’eau et à la passer rapidement au pinceau.

Souvent, le lavis se réalise en Monochromie (avec une seule couleur) qui sera diluée pour obtenir différentes intensités (on vient donc en quelque sorte : ‘délaver’ la couleur d’origine).
D’autre part, en superposant les couches translucides, les tons deviennent alors de plus en plus foncés.


Le blanc est obtenu en gardant vide le blanc du support ou grâce aux rehauts de blanc (à la craie, gouache ou encre de Chine blanche par exemple).

On peut réaliser des Lavis avec toutes sortes de médiums à base d’eau : aquarelle, encres de Chine et indiennes, acrylique, gouache, brou de noix, encre naturelle de seiche, sépia ou bien encore le café !… 🙂

La technique du Lavis est souvent employée pour du dessin rapide, des esquisses, croquis ou études préparatoires.
Elle est idéale pour poser rapidement les ombres et lumières par exemple (clair/obscur).

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Ci-dessous, découvrez un très bel exemple de Lavis réalisé par Victor Hugo. Si vous ne connaissez pas ses lavis, je vous invite à jeter un œil sur cet aspect méconnu de son travail. Ça vaut le détour 🖤.

Lavis de Victor Hugo
Victor Hugo (1802-1885). « La Durande ».
Plume et lavis d’encre brune et noire, gouache sur papier vélin. Paris, maison de Victor Hugo.

C’est quoi : un Glacis en peinture ?

On confond souvent lavis et glacis en peinture, car ce sont, finalement, deux techniques de dilution de la couleur.
Or, si le lavis est réalisé avec des techniques de peinture à l’eau, le glacis lui, vient de la peinture à l’huile, la brillance de l’huile étant la plus à même de créer ces effets si particuliers.
Voyons plus en détails les différences entre Lavis et Glacis en peinture.


Le glacis : définition 

«Glacis » vient du mot Glace/ Glacer qui signifie : garnir d’un apprêt, d’un enduit brillant. Pensez au glaçage d’un gâteau par exemple !

Le glacis, contrairement au lavis, est une technique spécifique de la peinture à l’huile.
Il consiste à poser, sur une couche de peinture à l’huile déjà sèche, une fine couche colorée, transparente et lisse.
On pourrait donc se dire que le glacis est un genre de lavis à la peinture à l’huile, ce qui ne serait pas faux en soit, mais malheureusement les choses sont un peu plus compliquées que cela.

Je vous explique :

Dans la peinture à l’huile, le glacis est une vraie science, un véritable art de l’effet d’optique permettant de donner d’époustouflants effets de profondeur !
La plupart des tableaux au rendu hyperréaliste, quasi photographique que vous avez sans doute pu croiser lors de vos visites aux musées ont surement été réalisés grâce à la technique des glacis.
Léonard de Vinci, Titien, Le Caravage, Rembrandt, La Tour et bien d’autres, ont porté le glacis au plus haut degré de technique et de raffinement.

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Les glacis en peinture comment ça marche ?

Le glacis est un procédé inventé avec la peinture à l’huile, probablement sous l’influence de l’art de la laque chinoise pour rendre l’effet de transparence des tissus ou la vibration de la chair.
On peut situer ses débuts à la Renaissance, avec les primitifs flamands tout d’abord, puis avec les Vénitiens.

Comme nous l’avons vu plus haut, un glacis est une couche de peinture fine et transparente que l’on superpose à une autre déjà sèche. Son but n’est pas de recouvrir la couche de peinture précédente, mais uniquement d’en modifier très subtilement la teinte.


Ces couches fines et lisses vont alors agir comme un filtre optique.

En effet, la couleur que perçoit le spectateur face à un tableau peint en glacis dépendra de la longueur du trajet de la lumière dans la couche transparente.
Ainsi, plus les couches transparentes seront nombreuses et teintées plus l’effet de profondeur sera présent.

Les superpositions de glacis différents peuvent donc être illimitées, les effets n’en seront que meilleurs.

À l’inverse, quand une surface est mate, elle diffuse en tous sens la lumière qui lui parvient de n’importe quelle direction.
En conséquence, on ne parvient pas à lui donner une teinte profonde. Chacun peut en faire l’expérience : un papier noir est gris à côté de la surface laquée noire d’un piano.

Réflexion de la lumière à travers les couches de glacis superposés.
Réflexion de la lumière à travers les couches de glacis superposés.

Glacis local ou général

Un glacis peut être local (sur un motif en particulier) ou général (sur l’ensemble de la toile).

À base de jaune-orangé par exemple, il va apporter une atmosphère plus chaleureuse, plus bleuté, il contribuera à refroidir l’atmosphère.

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Académiquement, on utilise le terme glacis uniquement pour la peinture à l’huile, mais il est devenu commun de l’employer pour toute superposition de couches de peinture laissant transparaître la couche inférieure.

Ah oui et dernière chose : on appelle un JUS, la texture d’une peinture fortement diluée (à l’eau ou à l’huile) mais pas assez pour qu’elle devienne un glacis, un genre de lavis à la peinture à l’huile quoi… 😉


Voilà, vous connaissez maintenant la différence entre un lavis, un glacis et un jus en peinture. Pas si compliqué finalement !
J’espère en tout cas que cet article aura pu éclairer votre lanterne 🙂
À bientôt pour la suite,
Joanaa




Cet article a 4 commentaires

  1. Christian

    Merci beaucoup c’était très instructif

  2. Miren

    Merci pour cet article éclairant. J’ai appris plein de choses. Je ne faisais effectivement pas la différence entre les deux techniques avant ma lecture. Et je ne savais pas non plus que Victor Hugo peignait 😊

    1. Joanaa F.

      Heureuse que cet article ai pu t’apprendre des choses Miren !
      Merci pour ton commentaire 🙂

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