La Vénus de Botticelli : une ode à l’imperfection

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La Renaissance ou le dictat de la ‘divine proportion’

La Renaissance, est connue comme l’époque où s’invente la perspective dans la peinture.
Mais, elle a aussi introduit l’esthétique de la « divine proportion », véritable clef de voûte de l’harmonie picturale recherchée et appliquée par quasiment tous les artistes de cette période.

Les corps peints et sculptés se moulent alors dans un modèle idéal de proportions où la beauté s’ordonne selon des règles héritées de l’Antiquité.
Ainsi, par exemple, selon les principes édictés par le Grec Polyclète dans son traité Le Canon : le corps devrait correspondre à sept fois la hauteur de la tête

Venus de Botticelli
Sandro Botticilli, La Naissance de Vénus, tempera, 1,72 m × 2,78 m réalisé de 1485 à 1486, Musée des Offices, Florence, Italie.

La beauté idéale revisitée par Botticelli


En 1486, le peintre Sandro Botticelli, réalise la célèbre « Naissance de Vénus » qu’il représente sous les traits de Simonetta Vespucci, (reconnue comme la plus belle femme qui ait jamais vécu à Florence ; les florentins l’avaient même surnommée la « sans pareille » !).

Pour ce magnifique nu à la tempera, Sandro Botticelli décide de ne pas respecter pas les règles d’harmonie en vigueur et brave les conventions de l’époque.

En effet, si vous regardez bien le tableau, La Vénus de Botticelli n’a ni clavicules ni sternum et son bras gauche pend mollement le long de sa silhouette.
Ses seins sont étrangement circulaires et bas, son torse est trop long et son nombril placé trop haut.

Remarquez également que son poids est tellement réparti sur sa hanche gauche qu’elle semble courir le danger imminent de tomber dans l’océan !

Quant à savoir comment elle tient debout sur son coquillage, c’est à chacun de le deviner !

Les leçons de Botticelli


Pourtant, vous serez d’accord avec moi, ces défauts ne nuisent nullement à la beauté de ce tableau, bien au contraire.

Botticelli accordait toujours plus d’importance à l’élégance qu’au réalisme et même si le cou de Vénus est trop long, il n’en reste pas moins incontestablement magnifique.

C’est certainement les leçons que souhaitait sciemment nous donner Sandro Botticelli par le biais de sa Vénus soi-disant Imparfaite :
beauté ne rime pas forcément avec perfection
– et surtout : qu’est-ce finalement que la notion de perfection ?

Je vous laisse méditer là-dessus.


À bientôt pour la suite,
Joanaa




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